Utiliser le Baton de Jacob

Lecture “ par devant ”baton-de-jacob-1.JPG
-Pour une étoile :
L’oeil de l’observateur est placé à l‘extrémité de la  flèche.
On aligne le bord inférieur du marteau mobile sur l’horizon.
Ramener vers soi le marteau jusqu’à faire affleurer son bout supérieur à l’objet ou l’astre dont on veut mesurer la hauteur.
Bloquer le marteau pour lire l’angle, au pied du marteau, sur la flèche.
La visée d’une étoile très élevée, comme l’est l'étoile polaire sous nos latitudes est difficile à réaliser. Par contre pour des hauteurs de l’ordre de dix degrés, elle est aisée.

-Pour le soleil :
L’oeil placé le plus près possible de l’arête du viseur, aligner l’horizon avec le bas du marteau. Déplacer le marteau afin que l’ombre du soleil vienne cacher le blanc du viseur. On apprécie très bien cet instant. Il est préférable que cette arête soit blanche. On comprend pourquoi elle est réalisée , en ivoire, sur les modèles de musée, en particulier celui du Musée de la Marine.
On remarquera qu’il y a alors une erreur de parallaxe due à la déviation du point de visée, puisque qu’on observe un angle dévié de la ligne axiale de la flèche. Cette erreur est largement inférieure à la précision de l’appareil.
 
Observation “ par l’arrière ” pour le soleil seulement.baton-de-jacob-2.JPG
Aligner l’horizon, le viseur et le bas du marteau. Déplacer celui ci jusqu’à ce que l’ombre de son dessus masque l'arête du viseur.
Dans les deux cas, l’observateur ressent une fatigue grandissante car il a un bras tendu et doit régler plusieurs alignements tandis qu’il ramène le marteau. On voit qu’il faut que le mouvement de ce marteau soit doux et sans à coups.
L’observation d’un passage méridien du soleil permettait de répéter la manoeuvre sans inconvénient.
 


Conclusions des observations réalisée avec le bâton:
 
C’est le  bord supérieur du soleil qui est observé.
Il convient donc d’ôter son demi diamètre de la lecture pour avoir  la hauteur du centre. Constatons qu'
il n’est pas fait état de cette correction avant G. Fournier.
Au XVI° siècle on ne tenait compte ni de la dépression de l’horizon ni de la réfraction astronomique, ni de la parallaxe. Les latitudes des îles figurant sur les cartes nautiques de cette époque sont la conséquence et de l'usage de l'instrument et des procédures en usage. Ces déficiences  se compensaient, en partie. Tout le monde observant de la même manière et les cartes donnant les résultats ainsi obtenus, une cohérence liait les unes aux autres. Le "système" donnait assez satisfaction pour ce qui est de la latitude.
 
 
L’observation de la hauteur de la Polaire, sous nos latitudes, est plus difficile que celle du soleil. Il faut aligner l’horizon et le viseur d’une part et de l’autre aligner le viseur, le bord supérieur de marteau et l’étoile. Lorsque, comme c’est le cas dans nos régions l’étoile est élevée d’une cinquantaine de degrés, l’oeil fait des allers et retours entre les deux visées. Entre temps le plus léger déplacement de l’appareil fausse la mesure. Par contre sous les tropiques elle doit fournir d’excellents résultats.
Pour les petits angles le bâton de Jacob du musée de la Marine était gradué au 1/6 de degré. On remarquera que pour certains petits angles rien n'interdit d'approcher en théorie da minute d'arc. Cependant la précision théorique n’est transposable dans les faits que si la qualité de l’observation le permet.  Poser l’appareil serait une voie possible mais elle n’est pas praticable sur un bateau. Levi Ben Jacob ne naviguait sans doute pas. Son appareil posé permettait une précision considérable.  
Pour ce qui est des marins du temps des grandes découvertes contentons nous de remarquer que cet appareil est plus utile et précis dans la plage des 0/30°, qu'il donnait rarement mieux que le quart de degré. Ceci découle des séries d’observations auxquelles je me suis livré, comparées avec des observations faites en même temps au sextant.
 
Cette évaluation des performances du bâton de Jacob, rend compte, d’une partie des erreurs en latitudes relevées sur les portulans du XVI° siècle.
Préserver un  témoin du patrimoine nautique est un devoir.  Remarquons que sa présentation aux générations futures, demande que soit cerné l’usage réel qui en était fait, dès lors qu’ on souhaite que, ce que l'on préserve de l'outrage du temps, signifie autre chose qu’un «bel objet » comme me l’a récemment dit une personne qui le considérait...
Bibliographie:
Georges Fournier de la Compagnie de Jésus, Hydrographie, Paris, 1643. repr. 4 seigneurs, Grenoble, 1973.
Diego García de Palacio, Instrucción naútica, Mexico 1587, repr.
Madrid, Museo naval, 1993.
M. Le Cordier, Hydrographe du Roy, Instruction des pilotes, Le Havre, 1748, in-8°, seconde partie pp.6 et s.

 Hubert Michéat  capitaine au long cours.


Arbalestrille (arbalète « bâton de Jacob », cross-staff, apparue au Portugal vers 1515).  Bois ou ivoire, XIVe au XVIIIe s. Verge graduée (pour mesurer la hauteur des astres) sur laquelle coulissent des repères (appelés « marteaux » ou « traversaires ») mobiles sur une règle carrée. Remplacée par le quartier de Davis.

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